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 And we will never rest [ft. Sun Hee]

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Yume Fukami

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MessageSujet: And we will never rest [ft. Sun Hee]   Jeu 19 Mai - 1:15

    Étonnamment, ce jour-là il fait froid, vraiment froid. Je lève la tête vers le ciel gris mais suffisamment lumineux pour m'éblouir et je resserre ma veste en jean tout contre moi. Les bras croisés, j'attends de m'habituer ne serait-ce qu'un peu au vent qui passe sur mes joues. J'expire longuement rien que pour le plaisir de voir mon souffle se répandre dans l'air. Je suppose que s'il fait ce temps-là, c'est parce qu'il est vraiment tôt dans la matinée. Et là, vous pourriez-vous dire « oh, c'est une fille matinale ? ». Pas du tout. J'ai fixé le plafond de la chambre toute la nuit. Retournant les mêmes mots, les mêmes actes. Au début, c'est vraiment énervant. Puis, la situation devient lassante, et au fur et à mesure que le temps avance vous passez par tout un éventail d'émotions. La tristesse des souvenirs, la douleur de l'attente. Parfois, dans ces moments-là, j'éprouve l'envie de prier. Je ne sais pas réellement qui - peut-être la personne qui m'a renvoyée ici. Ce Dieu dont je ne sais absolument rien ; je ne connais même aucune prière. Par désespoir, je finis en général par m'asseoir sur mon lit, les mains posées sur la couette, le yeux qui observent l'obscurité et s'y habituent. Je pose mes pieds sur le sol et les y laisse jusqu'à ce qu'ils soient glacés. Je finis toujours par me cacher sous la couverture, fermer les yeux et attendre de nouveau.

    C'est ce genre de nuit interminable qui m'amène ici, dans la rue recouverte par le froid du matin, à regarder les gens passer. Je me demande où je vais pouvoir aller, étant donné que je n'ai rien à faire de toute la journée. J'ai l'air un peu idiote, plantée là comme ça, les bras ballants, mais il fallait que je sorte à tout prix. J'étais seule dans l'appartement et ces murs allaient finir par m'étouffer.

    C'est alors que deux jeunes filles passent devant moi, me bousculant presque. J'écoute quelques mots de leur conversation et en déduis qu'elles parlent d'un livre. Apparemment, l'une d'elle est d'ailleurs éprise du personnage principal. Je souris en me rappelant qu'il y a quelques temps encore j'étais capable d'être comme elles - souriante et pleine de vie. C'est de cette manière-là que je pense à une librairie, un endroit où je ne suis pas allée depuis ce qui me semble une éternité, moi qui aimait tant lire.
    Je commence à bien connaître la ville, depuis le temps que j'y habite, même si je ne m'y suis jamais vraiment intéressée. Du coup, je prends la direction de la librairie la plus proche, marchant d'un bon pas. Je sens que plus la journée va avancer et plus le temps va se réchauffer - ce que je n'approuve pas totalement, puisque je préfère le froid.

    Perdue dans ce genre de pensée idiote, j'arrive devant le magasin plus rapidement que je ne l'imaginais, me sentant comme protégée par mon casque qui m'injecte du métal. Je l'enlève et le laisse autour de mon cou, baissant le son afin de pas déranger les quelques personnes déjà plongées dans leur recherche de livres. Je suis la seule à pouvoir entendre la musique (sauf peut-être si quelqu'un était vraiment proche de moi), reconstituant toute la chanson en plus fort dans mon esprit, l'ayant déjà écoutée un nombre incalculable de fois. Un garçon assez loin de l'entrée me fait un sourire et je le lui rend, sans m'attarder. Je me glisse entre deux rayons et commence à prendre tous les livres qui me semblent bien, lisant la quatrième de couverture, les reposant ensuite. Je garde toutefois quelques titres en tête, attendant d'avoir fait le tour de la grande pièce pour revenir chercher ceux que je compte finalement acheter.

    Au bout d'une dizaine de minutes, une autre fille entre et je me retourne instinctivement. D'autres personnes sont entrées après mon arrivée, mais je ne me suis jamais retournée sur elles. Je sais qu'elles m'ont vue - forcément, avec des cheveux roses, on ne peut pas me louper - mais elles n'avaient pas cet espèce de charisme. J'échange donc un long regard avec la nouvelle arrivante, me demandant pourquoi je la trouve étrange. Elle commence à feuilleter des livres près de moi et je me sens gênée. Je ne sais pas comment vous décrire cela, mais quelque chose ne va pas. C'est vraiment léger, presque imperceptible, mais c'est comme si ce quelque chose m'attirait - pas quelque chose de physique, loin de là, c'est un peu comme si cela venait de l'intérieur. Et jusqu'à présent, je n'avais jamais ressentit quelque chose de ce genre. Du coup tout au fond de moi je flippe un peu, je crois, et je me sens aussi vraiment idiote. Mais c'est surtout la curiosité qui l'emporte - pourquoi, pourquoi, pourquoi ?

    Je regarde autour de moi et je me rends compte qu'il n'y a personne d'autre dans ce coin. J'hésite à lui demander si elle ressent ça elle aussi - je sais que j'aurais vraiment l'air dérangée. Mais si je n'essaye pas, je ne saurais jamais. Je déteste l'idée de partir d'ici sans avoir de raison, de réponse. Et puis, c'est aussi de cette façon que l'on fait des rencontres, n'est-ce pas ? Alors, comme à chaque fois que je dois faire quelque chose qui me semble important et un peu bizarre, et donc que j'hésite à faire, je me dis « fais-le maintenant avant qu'il ne soit trop tard ». Avant même d'avoir le temps de réfléchir ou quoi que ce soit d'autre, je me retourne, m'appuie sur l'étagère à côté d'elle et lui demande d'un coup :

    «- Excuse-moi mais... tu ne serais pas déjà morte ou quelque chose comme ça par hasard ? »

    Ma théorie, c'est qu'elle est peut-être dans le même cas que moi - de retour pour une sorte de deuxième vie, vous voyez. J'ai tout de même fait attention à baisser la voix afin que personne d'autre n'entende. L'idée que je suis peut-être en train de me taper la honte de ma vie m'effleure - mais au final, je m'en fiche un peu. Je ne regrette pas ce que j'ai dit.
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